Né au cœur du Pernambouc, là où
le forró rythme la vie des habitants, Silvério
Pessoa a passé son enfance et son adolescence parmi
les coupeurs de canne partageant leur joie comme leurs
peines au son des trios d’accordéons, de
zabumba et de triangle. C’est dire si il connaît
son peuple et la culture qui le porte. Sur son album Bate
o Mancá, il rendait hommage à l’un
des maîtres du genre, Jacinto Silva, reproduisant
la verve et l’authenticité du forró
tel qu’il se pratique dans les campagnes.
Le travail artistique de Silvério Pessoa s’accompagne
d’un engagement politique fort. Aux côtés
des coupeurs de canne et des Paysans Sans Terre, il défend
la diversité d’une culture, qui comme beaucoup
d’autres, est destinée à disparaître
sous les à-coups répétés
de la globalisation.
Mais Silvério Pessoa est avant tout homme de son
temps. Parmi d’autres, il a participé à
la révolution Mangue beat qui a secoué Recife
dans les années 90. Avec son groupe Cascabulho,
il a apporté sa contribution aux fusions des rythmes
locaux avec le rock et l’électronique. Il
a poursuivi ce travail de métissage sur son album
Microbio do Frevo, une version électronique du
rythme-roi du carnaval de Recife : le frevo.
Aujourd’hui, Silvério
présente son
nouvel album, "Coração acoustico e
Cabeça
electrica", une des synthèses les plus réussies
entre tradition et modernité. Silvério
Pessoa n’y déploie aucune envie mal placée
de rythmes occidentaux, mais opère un retour
judicieux sur ses origines. Ainsi, l’électronique
est utilisée subtilement au profit de la justesse
du propos. Sans compter les nombreuses participations,
de
Lénine à Massilia Sound System, en passant
par Siba, Meï Teï Shô ou Alceu Valença.
Nouvel album
en écoute et morceaux gratuits à télécharger
sur: www.silveriopessoa.com.br